La forteresse vide – mon expérience vidéoludique avec ICO

Ico est un petit garçon maudit marqué par des cornes sur son front, enfermé sans autres explications dans un sarcophage au cœur d’une forteresse vide. La terre tremble et le garçonnet se trouve délivré de sa petite prison pour une plus grande, le voilà désormais seul face à l’immensité de la forteresse.
Sa solitude ne va heureusement pas durer car il va faire la connaissance d’une jeune fille diaphane emprisonnée, comme un joli oiseau, dans une cage. Nous la prendrons par la main et notre histoire commence enfin : la protéger des dangers des ombres de la forteresse.Véritable labyrinthe, nous escaladerons, sauterons, déjouerons les pièges, enclencherons les mécanismes, pour toujours revenir vers la main de Yorda. La relation qui nous lie à Yorda est dans un premier temps physique, par cet acte de lui tenir la main. Cette action est accentuée par le gameplay, car pour tenir cette main, il faut rester appuyé sur le bouton de l’ailette droite de la manette, dès que nous relâchons cette pression, Ico lâche la main de Yorda. Dès que Ico sert cette frêle main, le joueur ressent un poids au sens figuré mais aussi au sens propre car la manette ps2 vibre au son du cœur de Yorda, cette connexion se coupe dès que les mains virtuelles se séparent.


ICO est avant tout un jeu relationnel entre notre avatar et cette jeune fille mystérieuse qu’il faut à tout prix protéger puisqu’elle est la clef de cette forteresse vide.
Dès qu’on la laisse seule des ombres la traque, tente de l’emmener vers des ténèbres.
Vers la fin du jeu, on nous contraint à être séparé d’elle, il est intéressant de noté la souffrance éprouvée, la peur nous envahit on se retrouve seul dans les profondeurs sombres de la forteresse, il fait froid, on entend que le bruit provoqué par l’écho de chutes d’eau, de mécanismes rouillés, on se retrouve livré à nous même dans ce géant aux pierres glacées. Nous sommes de nouveau abandonné…

Par le biais de ces différents mécanismes UEDA Fumito arrive à nous faire partager la profonde solitude de son personnage. L’illustration officielle du jeu représente deux silhouettes tenues par la main courant dans une immensité étrange remplie de battisses monumentales, soulignant l’hommage incontestable rendu, au travers de toute cette œuvre vidéoludique, à l’univers d’étrangeté et aux interrogations quasi similaires données sur les places d’Italie de Giorgio De Chirico, peintre métaphysique.

A gauche, UEDA Fumito, ICO, 2001. A droite, Giogio De Chirico, Solitude (Mélancolie), 1912.

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